P.D.T. (Bruxelles), A propos d'un anniversaire / Contre Sartre, LB 13/07/05
SARTRE INTELLECTUEL TOTAL? En réalité Sartre est partiel, partial et
sectaire.
Partiel. Il a toujours volontairement ignoré et carrément méprisé comme
son
compère Heidegger ("La science ne pense pas ») , les découvertes
scientifiques. Comme si celles-ci ne pouvaient avoir aucune implication
philosophique.
Dans ses années de formation, il se montre insensible aux théories de la
relativité d'Einstein (qu'il n'y ait pas de temps ni d'espace absolus
s'oppose tout de même à toute la philosophie classique!) et à la
physique
quantique avec la place fondamentale qu'elle accorde au hasard. (...)
A dire vrai, Sartre et une bonne partie de la philosophie ne vivent pas
seulement dans un monde "préeinsteinien", mais aussi "prédarwinien". Pour
eux, tout se passe comme si, comme dans le créationnisme, l'homme était
apparu d'un coup, sous sa forme d'homme occidental actuel. Partial, avec
un
mutisme volontaire (complice !) concernant des événements majeurs de son
temps.
On le voit féliciter Fidel Castro, mais où était-il lors de l'érection du
mur de Berlin l Nulle part.
Il vient visiter la bande à Baader dans sa prison. Mais quand a-t-il été
visiter les dissidents russes dans leur asile psychiatrique
ou les intellectuels chinois victimes de la Révolution culturelle ?
Jamais.
Il soutient les Algériens lors de leur guerre, mais qu'a-t-il fait lors
de
l'invasion du Tibet par les communistes chinois ? Rien... (...) Faut-il
continuer ? Comme pensée partiale à sens unique, de gauche extrême, on
fait
difficilement pire.
Sectaire, par refus de toute discussion avec ceux qui ne partagent pas
ses
idées (Raymond Aron, par exemple).
"Les anticommunistes sont des chiens." La phrase.. est bien connue et ne
doit être minimisée. Sartre déteste les chiens et plus il en crève, mieux
c'est. Les 100 millions de morts dues au communisme ne sont qu'un "détail
de
l'Histoire" ou alors une nécessité comme le pensait le professeur boiteux
des "Démons" de Dostoïevski. (...)
Quant à l'écrivain...
Comparés à ses grands contemporains, Nathalie Sarraute, Beckett, Claude
Simon, Duras, son écriture et son théâtre apparaissent ringards. Chose
curieuse, il le reconnaît dans son interview, mais, dit-il dans un tour de
passe-passe, s'adressant à des bourgeois, il devait écrire "bourgeois".
Tant
pis pour la littérature... Ses meilleures ouvres semblent être sa
monumentale biographie de Flaubert, "L'idiot de la famille", et son
autobiographie "Les Mots" où avec une verve communicative, je l'avoue, il
raconte, si l'on peut dire, sa propre idiotie, préférant à Phèdre,
Pardaillan.
Il refusa le prix Nobel. Geste de rebelle l Que non. Caution objective
donnée aux autorités soviétiques qui obligèrent Paster**** à refuser le
sien.


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